Sculptures en laiton

Depuis que l’homme s’est mis à faire de l’art sur les parois des grottes, il a copié ce qu’il voyait, en prenant le visible pour le vrai. Quand on est à la fois artiste et fasciné, comme l’est Alain Péclard, par l’histoire et les théories de la matière et de l’univers, et que la science physique fondamentale montre que le vrai est invisible, voire inconcevable, que reste-t-il à l’artiste ? Alain Péclard s’approprie toute la matière visuelle que lui fournissent ses lectures savantes : diagrammes, schémas, modélisations, instruments de mesure ; ces outils conçus par l’homme pour tenter de saisir l’univers, il les refond en œuvres d’art singulières.

Dans sa série de grandes sculptures en laiton, son travail ressemble à s’y méprendre à celui d’un ingénieur des arts et métiers. Fausses machines expérimentales, figées et inutilisables, ou bien schémas de physique sublimés dans le métal. La plupart sont bâties autour d’un axe, d’une trajectoire : rayon lumineux, forme d’onde, parcours d’une planète ou d’une particule, qu’il s’agit de capturer ou mesurer. De nombreuses oeuvres antérieures d’Alain Péclard sont construites autour d’une flèche du temps, qui les traverse et les charpente : « Évolution de l’homme », « Évolution d’un mammifère », « L’Agressivité de l’homme », « La Perspective », « Passé, présent, futur de l’arbre », « L’éphémère et l’éternel ». Désormais, cette flèche du temps est aussi lumière et espace. Ce fil tendu à travers ses œuvres, c’est le mystère fondamental derrière lequel court l’artiste, et le savant avec lui.

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